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Historique de la Poterie de la Broche


par André TALBOT

 

Le lieu-dit de la Broche se situe aujourd'hui sur la commune de Molinet dans le département de l'Allier. Cependant, sous l'ancien régime, la Broche faisait partie du diocèse d'Autun en Bourgogne. Le hameau subissait directement l'influence du bourg ligérien de Digoin distant de 3 km. La révolution française ayant fait son œuvre, la Broche et Digoin sont administrativement séparés par la Loire. Néanmoins, la Broche reste un satellite de Digoin depuis le XIXème siècle. Tout au long de ce siècle, les habitants de Molinet et de la Broche ont eu le désir d'appartenir à la Bourgogne. En dehors des raisons politiques, les utilisations permanentes des services administratifs sont situés à Digoin : la gare, le port du canal, les premiers services postaux, ainsi que le téléphone, la régie, etc...
Ainsi pour communiquer avec la poterie de la Broche, il fallait passer par Digoin. Il en est d'ailleurs de même à l'heure actuelle. L'ensemble des factures, catalogues et autres papiers administratifs portent la mention « usine de la Broche à Digoin », le téléphone était le 3 à Digoin et la boîte postale le 11.

la poterie de la broche de molinetGay 1770, c'était l'inscription que portait le linteau de la porte de la maison de celui qui devait être le concierge de l'usine. Malheureusement, elle a été détruite dans les années 1990, mais c'était surtout la date de la naissance de la verrerie qui a précédé la poterie. Cette verrerie, dont il existe encore des vestiges (des voûtes de four au-dessus du musée de M. Maxime Pommier), fabriquait des bouteilles en verre noir. On trouve encore pas mal d'échantillons de débris de verre dans les terrains autour de l'usine. Les bouteilles étaient expédiées sur la Loire sur des radeaux car à cette époque la Loire passait juste au bout du pré qui est derrière la station d'épuration et elle était navigable. Et mon arrière grand-père, Pierre Goutheraud, qui était tisserand, où habite maintenant la famille Toiani, après ses heures de travail, descendait les bouteilles à la brouette jusqu'à la Loire pour 2 sous par jour. Cette fabrique, en 1839, est une filiale de la Compagnie Générale des Verreries du Centre.

La manufacture fonctionne jusque dans les années 1856, à cette date les frères Lemoine ont acheté la verrerie et la maison de la famille Boussin qui appartient maintenant à la famille Guinet Pacaud. Dans le contrat de vente était stipulé qu'ils n'avaient pas le droit de faire de bouteilles en verre. Alors, ils ont décidé de les fabriquer en grès d'où le nom de « moine » que portent les bouillottes triangulaires. La matière première se trouvait sur place avec la carrière des Guilloux sur la route de St Léger. Puis, ils recevaient par bateau de l'argile de Beaulon et du Kaolin d'Echassière. A leur mort, ils furent inhumés dans le cimetière autour de la chapelle du Vieux Bourg de Molinet, au bord de la Vouzance. Maintenant, ils reposent sûrement dans l'ossuaire de l'actuel cimetière.

En 1863, ayant établi la renommée de leur entreprise (médaille d'argent à l'exposition de Moulins en 1862 et médaille de vermeil en 1863), ils vendent leur usine à Messieurs Petitpierre et Perron qui, par la suite, créèrent les grès et poteries de Digoin après avoir cédé l'usine à monsieur Escoffier qui diversifia considérablement la production avec des articles de chimie, puis du culinaire : pots à moutarde, bocaux, saloirs, pot à beurre, plats, casseroles, etc... Puis, grâce à un ouvrier qui venait du Maroc, l'usine produit le fameux « diable Rousset ». Un appareil d'une commodité merveilleuse qui permet de cuire sans goutte d'eau les pommes de terre, les marrons et même de griller le café. Il fut copié par les concurrents, sous d'autres appellations, car il n'y avait que le nom qui était breveté. Et sa devise était : « l'essayer, c'est ne plus pouvoir s'en passer ».

En 1918, Monsieur Escoffier décède et c'est son gendre M. Joseph Rousson, fabricant d'automobiles à Feurs qui est nommé Président Directeur Général de la société anonyme des usines de la Broche. Un vitrail de l'église de Molinet d'ailleurs été offert par la famille Rousson. M. Blanchardon, qui était originaire de Roanne, est nommé Directeur Général. Il développe l'exportation et la production. Mon grand-père, Félix Talbot, qui était tourneur comme tous ses frères et même son père, est lui nommé contremaître. C'était un véritable artiste. Il a fait le tour de France pour compléter sa formation de Compagnon et, selon certain il avait de l'or dans les mains. Les bustes que ma sœur et moi possédons en témoignent. M. Blanchardon quitte sa place en 1936 et est remplacé par M. Nadaud mais devant l'incapacité de celui-ci, le conseil d'administration rappelle M. Blanchardon. Celui-ci mourut en 1939, suite à une hépatite contractée en mangeant des huîtres à Marseille lors d'une visite chez un client. C'est donc à mon grand-père, Félix Talbot, que revint la place de Directeur. Il fut aidé par mon père Claudius Talbot car, s'il était le meilleur tourneur de l'usine, il n'avait pas l'instruction nécessaire. Puis, ce fut la période de la guerre et il fallait se battre pour s'approvisionner en charbon pour chauffer les fours. En 1949 M. Joseph Rousson meurt et c'est son fils M. Maurice Rousson qui prend sa place comme Président Directeur Général. Il habite lui aussi à Feurs, mais ne fabrique pas d'automobiles, mais des pièces pour bicyclettes.

la poterie de la brocheAprès la guerre, les fours au charbon sont équipés au fioul léger qui était un intermédiaire entre le fioul lourd et le fioul domestique que nous connaissons maintenant. C'était un progrès considérable car c'était beaucoup moins pénible. Puis, en 1951, à la mort de mon grand- père, c'est mon père Claudius Talbot qui lui succède et la société anonyme des usines de la Broche devient société nouvelle de la Broche. La production reste sensiblement la même mais mon père, qui était un chimiste né, met de nouveaux émaux au point. Alors qu'avant le vernis était produit par du sel que l'on jetait dans le four en fin de cuisson, c'est-à-dire vers 1280 °C.

Au début des années 1960, avec l'avènement du plastique, l'usine connaît quelques difficultés au point que M. Piriou, Directeur Général des grès et poteries de Digoin (usine concurrente) voulait se reconvertir dans le plastique. Mais comme toute chose nouvelle, le plastique n'était pas tellement au point et laissait un certain goût aux aliments et petit à petit la production de grès et terres cuites reprit son cours normal.

En 1966, les vieux fours en forme de bouteille furent remplacés par des fours modernes. Des fours armoires avec deux wagonnets qui permettaient de faire trois cuissons par semaine. Et alors que nous fournissions les triperies de Paris, ce sont les marchands de rillettes du Mans qui ont commandés des bols en grès pour mettre leurs rillettes et, pendant un certain temps, ce fut notre principale fabrication. Ce qui était d'ailleurs un peu dangereux. Par contre, nous avions abandonné la poterie horticole, elle aussi concurrencée par le plastique. Entre temps, M. Maurice Rousson a démissionné et c'est son neveu M. Jacques Rousson qui le remplaça. En juillet 1973, mon père Claudius Talbot part à la retraite et c'est moi, André Talbot qui fut chargé de prendre sa place. J'ai dû faire face à la première crise pétrolière. Par contre, comme prévu, les marchands de rillettes nous commandaient de moins en moins de marchandises. Comme à l'heure actuelle, il y avait déjà la concurrence étrangère. Il a donc fallu que je crée de nouveaux modèles et que je remette en fabrication les anciens que l'on avait abandonnés.

Il a fallu moderniser l'usine, mon père avait déjà commencé. Mais j'ai continué et alors qu'avant nous ne faisions pas de bénéfices, pour la première fois l'usine était bénéficiaire. Jusqu'en 1981, car les nouvelles lois sociales qui sont dans le même style à l'heure actuelle, diminution du temps de travail, 5ème semaine de congés payés, l'usine s'est retrouvée en déficit. Puis en 1984, nouvelle crise pétrolière et là, ce fut la fin, nous ne pouvions plus faire face au prix du fioul pour chauffer les fours et nous avons été obligés de mettre la clé sous la porte.

 



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